Le simple fait de tenir un appareil photo dans mon pays, le Sahara occidental, peut être un crime. Lorsque les cinéastes et journalistes sahraouis tentent de documenter la vie quotidienne sous l’occupation marocaine, ils se retrouvent souvent en prison. Pour le régime marocain, une caméra entre les mains d’un Sahraoui menace son discours officiel selon lequel le Sahara occidental fait partie du Maroc.
En revanche, lorsque des noms célèbres de l’industrie cinématographique internationale souhaitent capturer une image idéale pour un voyage épique et décident que notre terre est suffisamment exotique pour tourner les scènes souhaitées, ils sont accueillis, escortés et autorisés à accéder par les mêmes autorités qui nous refusent habituellement ce droit.
Telle est la réalité amère et paradoxale du Sahara occidental, un territoire occupé doté de nombreuses richesses matérielles et immatérielles. Alors que les extracteurs étrangers de toutes sortes pillent librement les minéraux phosphatés, le sable, les poissons et les tomates du Sahara occidental et marchandent nos vents, notre soleil et nos paysages désertiques pittores...
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